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FAQ .

Santé : et maintenant, le « reste à charge zéro » en dentaire, optique et audioprothèses

La ministre, Agnès Buzyn, convoque ce mardi matin les professionnels de santé et assureurs pour permettre aux patients de se faire soigner sans débourser un euro.

Après la vaccination, la ministre de la Santé ouvre demain mardi le dossier du « reste à charge zéro ». Représentants des dentistes, des opticiens et des audioprothésistes sont invités ce mardi, dès 9 heures, au ministère de la Santé par Agnès Buzyn. A leurs côtés les représentants des complémentaires santé, dont le Mutualité française, ainsi que l’Assurance maladie et la direction de la sécurité sociale. La ministre veut ainsi lancer officiellement la concertation pour que dans ces trois domaines importants de la santé, les Français aient bientôt la possibilité de se soigner sans qu’il leur en coûte un euro. Ce principe du « reste à charge zéro » en dentaire, optique et audioprothèse, était une promesse de campagne du candidat Macron.

Agnès Buzyn veut boucler ce dossier au plus tard début juin pour une application généralisée avant la fin du quinquennat, en 2022. Un calendrier serré car la ministre souhaite que cette réforme se fasse à coût d’assurance constant pour les Français et sans dérive des comptes de l’Assurance maladie. La ministre devra faire preuve de conviction car les acteurs qu’elle réunit aujourd’hui commencent déjà à freiner des quatre fers pour ne pas y être, eux, de leur poche.

Les solutions restent à trouver, mais la ministre qui va fixer ce matin le cadre des négociations et le calendrier ne veut pas de solutions low-cost, rappelle le ministère.

Le principe qui prévaut, pour chacun de ces secteurs, consiste à s’entendre sur un panier de soins totalement pris en charge par l’assurance maladie et/ou les complémentaires. Le ministère assure vouloir « des prestations socles de très bonne qualité ». Chacune des trois parties va donc devoir faire des efforts.

Recadrer les assureurs et mutuelles
Président de la Mutualité française, Thierry Baudet a déjà prévenu que « Si on demande aux mutuelles de rembourser plus, les cotisations devront elles aussi augmenter ». Mais le ministère a bien l’intention de recadrer les assureurs et mutuelles qui viennent déjà d’augmenter de près de 3% leurs tarifs suscitant le mécontentement d’Agnès Buzyn. Parmi les pistes mises sur la table, les complémentaires pourraient être invitées à moins rembourser des prestations considérées comme « de confort » (thalasso, nutritionniste, homéopathie...) au bénéfice des soins de première nécessité tant sur les plans sanitaires que social.

Difficulté en vue également du côté des professionnels de santé, et particulièrement des 40 000 dentistes auxquels l’Assurance maladie tente d’imposer depuis plusieurs mois une baisse du prix (libre) des prothèses. A peine la profession convoquée au ministère, les Cellules de Coordination des Dentistes Libéraux se sont manifestées pour mettre en garde le ministère et l’inviter à « miser sur la prévention, plutôt que la prothèse, ultime recours ». Revendication qui vise à obtenir de meilleurs remboursements sur les soins conservateurs (de base) pour compenser la baisse de prix imposée sur les prothèses...

Les 3500 audioprothésistes ne sont pas en reste et ne semblent pas plus prêts à faire des efforts. Leur syndicat, l’Unsaf, présidé par Luis Godinho, s’est manifesté dès ce lundi en soulignant que les tarifs de remboursement des audioprothèses « n’ont pas été réévalués depuis 1986 » et sont « 5 à 7 fois inférieurs à ceux de nos voisins ».
Quatre à cinq mois de négociation ne seront donc pas de trop dans ce contexte tendu pour trouver le compromis qui permettra de tenir la promesse du Président d’un reste à charge zéro.

Le Parisien