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LE FIGARO - Les freelances s'intègrent durablement dans les grandes entreprises

INFO LE FIGARO - La culture du travail nomade s'est largement démocratisée durant ces dernières. Le nombre de freelances en France a triplé en seulement dix ans. Et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel à eux. Explications.

Si vous avez toujours rêvé d'être indépendant, de travailler à votre compte pour plusieurs employeurs, et que vos compétences le permettent, l'ère du temps n'a jamais été aussi favorable à la réalisation de ce souhait. Le nombre de «freelances» ou travailleurs indépendants a triplé en seulement dix ans sur le territoire français, révèle une étude dévoilée par la plateforme Malt (anciennement Hopwork) qui recense plus de 70.000 freelances - dont l'âge moyen est de 35 ans - dans un annuaire à destination des entreprises. Parmi ses clients, on trouve 60% des entreprises du CAC 40.

«À bien des égards, les grandes entreprises ont besoin des freelances pour les aider à se transformer", précise Vincent Huguet, co-fondateur du site. Soit parce que ces travailleurs disposent de compétence clés que les entreprises traditionnelles n'arrivent pas à intégrer, soit parce qu'ils diffusent des nouvelles méthodes de travail et imposent de repenser le management en tant que tel.» Autrement dit: les freelances ont également le mérite de dépoussiérer le management. Et ils sont «adaptables» à n'importe quel milieu ou secteur professionnel. Malt a établi un classement des entreprises du CAC 40 qui travaillent le plus avec des freelances. Orange y figure en tête, et travaille au quotidien avec 486 freelances. La BNP Paribas et le groupe Publicis sont loin derrière.

«Si les secteurs des banques et assurances ont longtemps été bloqués par leurs politiques d'achat ou leurs départements juridiques, ils s'y mettent rapidement aujourd'hui, analyse Laetitia Vitaud, l'auteur de l'étude. Les seules organisations qui restent encore très en retard sont toutes celles du secteur public où les processus et la réglementation (notamment européenne) sont plus rigides: il faut passer par des appels d'offres publics, avoir systématiquement trois propositions...»

«En réalité, les freelances sont une écrasante majorité à ne souhaiter pour rien au monde revenir au salariat»
Laetitia Vitaud, auteur de l'étude Malt sur les freelances

Il faut également noter que pour avoir accès à certains «profils» du numérique, faire appel à des freelances est la meilleur des choses à faire. C'est le cas par exemple pour les développeurs web, ou certains profils de designers. Cependant, certaines entreprises sont encore réticentes. «Elles craignent de tomber sur des individus peu fiables, inconstants ou de faible niveau, précise Laetitia Vitaud. Elles imaginent encore que le modèle est risqué pour elles, que les freelances vont demander à être requalifiés en salariés ou que les organismes du personnel vont les accuser de précariser une main d'oeuvre flexible. Elles préfèrent aussi parfois se tourner vers des intermédiaires traditionnels connus dans le cadre de projets plus visibles ou risqués.»

Ces craintes sont-elles justifiées? Pas du tout, selon Laetitia Vitaud: «En réalité, les freelances sont une écrasante majorité à ne souhaiter pour rien au monde revenir au salariat.» Mais les clichés qui collent au management à la française sont parfois vérifiables. Notre pays est réputé pour conserver des modèles de management un peu plus archaïques que la moyenne en Europe: hiérarchisation peu souple, culture du secret, confiance et autonomie difficiles à accorder, méfiance à l'égard du télétravail... auxquelles il faut donc ajouter une méfiance vis à vis de la culture freelance. «Il faut également savoir que certaines grosses structures travaillent bel et bien avec des freelance, mais tout le monde n'est pas systématiquement au courant en interne», ajoute Vincent Huguet.

Et c'est une bonne situation ça, freelance? Tout comme un salarié, il y a des étapes à franchir, et des perspectives d'évolution. Les meilleurs développeurs web - profil le plus présent parmi les 70.000 utilisateurs de Malt - facturent près de 1000 euros par jour! Et naturellement, mieux ils travaillent, plus ils sont sollicités. Ils prennent ainsi du «galon», comme n'importe quel actif.

Le Figaro 07/03/2018